Le Rôle des femmes durant la Grande Guerre  

« On ne naît pas femme : on le devient… C’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. ».. (Simone de Beauvoir). ..

Quelle était leur place avant la guerre ?

Comment le rôle des femmes a-t-il évolué durant la première guerre mondiale ?

Durant la grande guerre, les femmes à l’arrière ont efficacement contribué à l’effort de guerre. La présentation des actions féminines durant cette période est illustrée à travers l’ouvrage Les Femmes dans la Grande Guerre dont nous allons extraire certaines illustrations.

Pendant la 1ère guerre mondiale la contribution des femmes a revêtu des formes multiples :

Le rôle des femmes durant  le conflit a essentiellement contribué à la victoire.

I  – courage des femmes d’agriculteurs qui, dans une France encore à dominante rurale et agricole, ont dû assumer à partir de l’été 1914 les durs travaux des champs. Chanson : « elles tiendront » qui sert de slogan incontournable pour soutenir le travail des femmes  écrites par Jacques Folrey.

Le 7 août 1914, Viviani, le président du Conseil, qui songe à une guerre courte, fait appel aux femmes pour qu’elles achèvent la moisson puis qu’elles entreprennent les travaux de l’automne.

 

Le travail repose sur les 3,2 millions d’agricultrices, ouvrières agricoles ou femmes d’exploitants. Les femmes deviennent maréchal-ferrant, garde champêtre, boulangère comme Madeleine Deniou d’Exoudun qui, pendant des mois, fait avec son frère de 14 ans, 400 kg de pain par jour.

Cette image reflète le rôle des femmes d’agriculteurs qui remplaçaient leur mari durant le conflit.

champs

14-18. Le magazine de la Grande Guerre, n° 1, avril-mai 2001

 

 

 II Le dévouement des infirmières qui ont soigné les soldats blessés dans les hôpitaux de guerre et les maisons de convalescence .

Lors de la première guerre mondiale, les trois sociétés de la Croix-Rouge française, auxiliaires du service de santé de l’armée, mobilisent plus de 68 000 infirmières, créent près de 1500 hôpitaux auxiliaires, des infirmeries et des cantines de gare pour le soin des soldats malades et blessés. Elles interviennent également auprès populations des régions envahies.

infirmières

Hôpital auxiliaire 201, comité ADF d’Asnières, Hauts-de-Seine)

 

III-La  compassion des « marraines de guerre » qui écrivaient et envoyaient des colis aux soldats du front, rendaient visite aux blessés dans les hôpitaux. La revue «  La Baïonnette » rend hommage aux marraines de guerre avec la citation «  Toutes voudraient sans filleul. Aucune ne voudrait être sans filleul …».

Cette institution populaire née durant la Première Guerre mondiale a laissé dans la mémoire nationale un souvenir marquant qui explique leur re-mobilisation en 1939 pour soutenir à nouveau le moral des soldats. Pourtant, les circonstances de la création des marraines de guerre sont largement ignorées, et l’on a oublié depuis longtemps que l’armée s’en était défiée et que les moralistes les avaient traînées dans la boue. Les marraines de guerre écrivaient aux soldats afin de leur remonter le morale.

sur le front

La vicomtesse Benoist d’Azy, marraine du fort de Douaumont à Verdun, rendant visite aux soldats dans les tranchées et apporte le courrier qui viendra les réconforter et les encourager.

IV – Le courage aussi des femmes des villes qui ont dû pallier le manque de main d’oeuvre dans de nombreux secteurs d’activités, distribuant le courrier, conduisant les tramways, travaillant plus de 10 heures par jour dans les usines d’armement.( «  Si les femmes qui travaillent dans les usines de guerres s’arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre ». .. (Général JOFFRE))

Les premiers mois de la guerre 14-18 furent marqués par une crise du chômage. Le départ au front d’une partie de la main d’œuvre masculine incita le gouvernement à suspendre la réglementation du travail féminin dès août 1914, et les femmes des milieux populaires sont contraintes de chercher un emploi, à cause de l’insuffisance des aides versées par l’état. La première guerre mondiale allait démontrer que les femmes étaient indispensables au bon fonctionnement de l’économie et de la société : Agricultrices, receveuse des postes, ouvrières dans les usines d’armement, conductrices de tramways, infirmières, travaillent 13 heures par jour, même le dimanche… Pour des salaires inférieurs à ceux des hommes !

Durant la Première Guerre mondiale, de nombreuses femmes sont appelées à remplacer les hommes dans les usines puisqu’ils sont partis pour la guerre.

Nous avons vu à travers l’ouvrage Les femmes dans la grande guerre que lors de la première guerre mondiale, le rôle des femmes à l’arrière fut déterminant. Qu’en adviendra-t-il au retour de leur mari et lors de la seconde guerre mondiale ?

V.B et E.B.