Le chœur des femmes : une réflexion sur les femmes et la médecine

Le chœur des femmes écrit par Martin Winkler de son vrai nom Marc Zaffran peut être considéré comme un roman engagé mais également comme un véritable roman d’apprentissage. Martin Winkler est un romancier, essayiste et médecin qui évoque souvent le système médical français.

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Une étudiante en médecine, talentueuse, est contrainte à exercer dans une minuscule et misérable unité destinée à « tenir les mains des patientes ».Jean Atwood est interne des hôpitaux en médecine. Elle est major de sa promo. Elle se consacre à la chirurgie gynécologique. Selon la description initiale du livre, Jean Atwood est jeune et volontaire. Selon sa pensée, elle représente l’incarnation même du docteur « parfait », genre docteur Je-sais-tout. Sauf qu’avant d’obtenir le poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique de ses rêves, le « futur professeur Atwood » doit passer son dernier semestre d’internat dans un service consacré à la « Médecine de la femme ».Franz Karma, lui ne représente pas le même type de personnage que Jean Atwood. La santé des femmes le passionne depuis trente ans. Il est l’incarnation même du soignant patient et modeste contrairement au médecin plus jeune. L’écoute, l’intérêt et l’échange sont ses principales valeurs.

Franz Karma et Jean Atwood travaillent dans la fameuse « unité 77 ». Il n’existe pas d’unité commune avec celui-là. Avant l’arrivée de Jean Atwood, le seul médecin était Karma. Ce n’est donc pas une grosse unité. Elle n’est composée que de quelques personnes (infirmières, aides-soignantes, secrétaire…). Cependant nous pouvons constater que la hiérarchie n’est pas très respectée dans ce lieu. Chaque membre du personnel l’appelle par son prénom par exemple. Cela montre un sentiment de familiarité avec le médecin. Cette unité 77 n’est centrée que sur les femmes. Franz Karma n’accueille que les femmes exclues de la société ou par les gynécologues (immigrantes, femmes violée…) Des femmes également hormis les exclues se font opérer de manière illégale comme certaines qui demandent une stérilisation, car elles ne veulent plus avoir d’enfants. Il peut pratiquer également des IVG.  Parfois, ces femmes veulent se faire soigner juste moralement, psychologiquement. Elles veulent juste parler : « De leurs règles, de leurs dépressions, de leurs enfants, de leurs parents, de leur boulot, de leur libido, de leur désir ou de leur peur d’être enceinte, et toutes, sans exception, des mecs. ».

couverture le c des f

En lisant ce livre,nous avons pu remarquer et établir une liaison avec l’exposition d’Hélène Le Ny. Quoique raconté à la première personne par l’interne « novice » qui arrive à l’unité 77, les descriptions de chaque personnage sont précises, chaque portrait est dressé comme nous avons pu lire et regarder les portraits de ces femmes scientifiques. De plus, chaque personne prend la parole à un moment ou un autre pour parler de ses problèmes, de sa vie … Des dizaines de voies de femmes désespérées nous interpellent dans ce roman. On dévore les pages, chaque portrait, chaque description, chaque péripétie rende le roman d’autant plus attirant. La langue, les discours donc en conclusion l’oralité sont des éléments vitaux de ce livre. La prose fait passer les personnages mais également le lecteur dans des multitudes d’émotions. De plus, le roman est écrit à la première personne du singulier permettant de donner une illusion de réel aux faits racontés mais aussi permettant de mieux connaître les différentes émotions de Jean Atwood qui est un personnage singulier qu’on apprend aussi à connaitre

Ce livre pourrait être intéressant pour des étudiants qui se dirigeraient vers des études de médecine. En effet, ce livre nous apprend des nouveaux domaines de la médecine et nous permet d’en savoir plus sur le quotidien des médecins.

Selon nous, avec ce livre, Martin Winkler a de nombreux buts : combattre « l’ar­chaïsme » et la « misogynie »  de la médecine comparant le médecin a une personne supérieure, indétrônable, sur-intelligent et invulnérable.La présence du discours direct et de la première personne du singulier permet voir le roman comme un roman d’initiation. Il initie Jean Atwood et peut être le lecteur à l’éthique des soignants.

S.J. et M.B.