Ces vies qui valent la peine d’être racontées…

De l’enfer d’Auschwitz à la vie politique, Simon Veil raconte son Histoire émouvante et remarquable dans son œuvre Une Vie.

 

« Je peux oublier beaucoup de choses mais pas ces dates. Elles demeurent attachées à mon être le plus profond, comme le tatouage du numéro 78651 sur la peau de mon bras gauche. A tout jamais, elles sont les traces indélébiles de ce que j’ai vécu. »

Simone Veil

Simon Veil vient d’une famille cultivée et heureuse comme elle le souligne dès la seconde ligne de son récit. Née en 1927 à Nice, elle est la dernière d’une famille de quatre enfants. Pendant l’occupation allemande, elle est arrêtée par deux SS qui la feront déporter dans les camps d’extermination d’Auschwitz Birkenau le 13 avril 1944. Par chance, elle est sauvée par l’arrivée des alliés le 15 avril 1945, elle y sera restée une année presque jour pour jour. Cette période terrible et extrêmement douloureuse de sa vie la changera à tout jamais.

Elle décidera d’en parler plus tard, notamment dans son roman autobiographique Une Vie où elle raconte cet épisode marquant, avec le recul et la sagesse qu’elle a acquis tout au long de son existence. Il s’agit d’un véritable témoignage poignant sur l’histoire du génocide des juifs qui a aussi pour but de ne pas oublier les atrocités qui ont été commises.

Dans cet ouvrage, elle relate par ailleurs sa vie après les épisodes tragiques de la guerre. On y découvre alors une femme combattante et engagée. Cette femme ne s’est pas renfermée dans son passé, elle s’est au fur et à mesure reconstruite notamment avec la rencontre de son futur mari Antoine Veil avec qui elle fonde une famille de trois enfants.

Cette femme passe par de nombreux postes à hautes responsabilités tout au long de sa carrière professionnelle dans lesquelles elle combattra pour ses idées. Elle commence par des postes dans l’administration pénitentiaire. En 1974, elle rejoint le gouvernement de Valery Giscard D’Estaing en prenant la place de ministre de la santé. C’est à cette place qu’elle défend pour la loi sur l’IVG*, qui dépénalise l’avortement. Cette loi fait polémique au sein du parlement, elle est fortement rejetée par l’extrême droite, mais elle arrivera tout de même à la faire instaurer. Ce combat est longuement relaté dans son autobiographie car il représente une partie importante de sa vie. Militante européenne convaincue, elle devient la première femme accédant au poste de présidente du Parlement européen de Strasbourg et rejoint par la suite le ministère des Affaires sociales et de la ville du gouvernement Balladur.

Puis elle siège au conseil constitutionnel jusqu’en 1997. Madame Veil s’est occupée d’associations à vocation européenne et fut la présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Aujourd’hui, Simone Veil s’est retirée de la vie politique, pour se consacrer à sa vie privée.

*IVG : interruption volontaire de grossesse.

assemblee

Simon Veil a la tribune de l’assemblé nationale en 1974 pendant un débat sur la loi d’avortement.

Au delà du devoir de mémoire, déjà évoqué, ce qui frappe d’emblée dans cette autobiographie c’est que Simone Veil est une femme exceptionnelle et ayant vécu une histoire hors du commun. Elle représente aussi toute une génération de femmes, intellectuelles et engagées pour leur pays après la guerre. C’est donc un livre écrit d’une belle plume, assez touchant et très facile à lire !

R.B. et F.D.